Lucinda Williams : entre Blues, Americana et Engagement Social


Ma note de l’album :

Note : 5 sur 5.

Temps de lecture de l’article :

3–5 minutes

WORLD’S GONE WRONG, Le dernier album de Lucinda Williams est un manifeste musical et politique à ne pas manquer.
Comme quoi, même à 73 ans et après un AVC on peut encore publier des chef-d’œuvre…

Un engagement de toujours…

Americana’s Queen : Lucinda Williams…

Le 18ème album de la fille de Louisiane LUCINDA WILLIAMS est sorti fin janvier 2026, le jour de son anniversaire, et force est de reconnaitre que les engagements de l’adolescente qu’elle était et qui lui valurent son surnom de « fille rebelle », refont surface avec des textes assez, pour ne pas dire « évidemment » fortement engagés.
Je dis « évidemment », car depuis sa tendre jeunesse, Lucinda a multiplié les coups d’éclats dès lors qu’elle sentait son intégrité civique ou personnelle s’éloigner.

« Je vous invite à écouter la fabuleuse histoire qui couvre sa vie de « saltimbanque-rebelle » dans le numéro 54 que je lui ai consacré ou en cliquant sur le player #SoundCloud ci-dessous. »

Episode 54 à écouter
dans son intégralité…

Americana Queen

« Le planning de mon podcast de ce début d’année coïncidait avec la publication de cet album, alors forcément, il m’était facile de lui consacrer ces quelques passages ». [Delta Man]

Je me suis souvent rendu compte que dès lors que j’évoquais Lucinda WILLIAMS et ses compositions, que ce soit au titre d’une conversation privée entre potes ou dans une de mes émissions, il y a toujours chez moi cette volonté très instinctive de la faire aimer à ceux à qui je m’adresse.
Si certains estiment à juste titre que la Reine du Blues s’appelait Koko TAYLOR, le Roi de la Pop Michael Jackson et que la Reine de la Country est Dolly PARTON, pour moi, la Reine de l’Americana se nomme Lucinda WILLIAMS, fin du débat… 🙂

De Bob Marley à Tom Petty…

Musicalement, ce disque me laisse penser que le rapprochement avec le meilleur de Neil Young ou les accords Americana du regretté Tom Petty ne sont jamais très loin. La reprise de Bob Marley en duo avec Mavis Staples est une merveille, et sa clôture en duo avec Norah Jones ressemble fortement à un manifeste gospel en direction des droits civiques de plus en plus bafoués au pays de l’Oncle Sam.

Lucinda Williams Featuring Norah Jones – We’ve come too far to turn around : on est usé par la lutte, mais on est allé trop loin pour faire demi-tour

Mississippi Burning is back…

Le rêve est reporté et les églises se remettent à bruler….
400 ans d’histoire n’auront donc pas suffit ?

Black Tears, ce titre posé sur un gros blues du Mississippi revient sur le racisme et les églises qui se remettent à bruler après le passage de cagoules blanches et pointues. C’est étrange comme notre naïveté nous avait presque fait croire que ce genre de manifestations était passé aux oubliettes de l’histoire, mais cette histoire semble malheureusement et impassiblement avide de répétitions dans ce maudit et si envoutant Deep South.
« Mississippi Burning » est de retour

Lucinda Williams – Black Tears – Extrait et Chronique

La Middle-Class en souffrance…

Ce « Monde a Mal Tourné », World’s Gone Wrong, titre de baptême du disque qui ouvre l’album nous embarque dans les tourments de la vie d’un couple de la Middle Class, ces Américains oubliés par l’administration Trump, pourtant ayant voté massivement pour lui, cette Middle-Class abandonnée sur le bucher de la Medicaid, si chère à Barack OBama.

« Je veux qu’ils voient, qu’ils voient vraiment comment les choses sont réellement, Je veux qu’ils voient la vérité. » écrivait-elle dans sa passionnante autobiographie…

On y est en plein dedans dans ce disque où planent aussi bien la colère que la résilience ou l’amour de son pays que la détestation de son gouvernement.
Lucinda nous chante aussi bien cette Amérique qu’on aime, celle qui nous donne envie d’y aller (ou d’y retourner), que celle des milices qui tuent et matraquent en toute impunité…

Freedom Speaks !

« Ne me prenez pas pour acquise, Levez-vous et battez-vous » chante-t-elle en évoquant la Liberté dans Freedom Speaks 🇺🇸

World’s Gone Wrong est à ranger à côté de deux autres de ses chefs-d’œuvre, Sweet Old World de 1992 et Car Wheels on a Gravel Road de 1998…

Écoutez ma rubrique de l’album dans le Juke Box du Delta Man, Episode 54

Voici la Tracklist :
01 – The World’s Gone Wrong
02 – Something’s Gotta Give
03 – Low Life
04 – How Much Did You Get for Your Soul
05 – So Much Trouble in the World
06 – Sing Unburied Sing
07 – Black Tears
08 – Punchline
09 – Freedom Speaks
10 – We’ve Come Too Far to Turn Around

#ToBeContinued #LucindaWilliams

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