Neal Black : Itinéraire d’un Texan en France…

A l’occasion de la publication de Number Three Monkey, le nouvel album de Neal BLACK, , le guitariste et songwriter Texan est l’invité du Delta Man pour un entretien sans filtres !

Interview réalisée par téléphone le 03 septembre 2026

Salut Neal Black, je suis très heureux de t’accueillir dans ce podcast, d’autant que cela fait très longtemps que l’on se connaît, nos routes se sont croisées dès ton arrivée en France, c’était il y a déjà plus de 20 ans !

Neal Black : Oui c’est exact, je me souviens quand nous nous sommes rencontrés, je m’étais installé dans un village du sud-ouest de la France, c’était en 2004, je vivais à côté de Mazamet (Tarn) à ce moment là…

Oui, c’était dans un village nommé Albine…

Neal Black : Exactement!

Un peu d’histoire rapidement pour certains de nos auditeurs qui ne te connaîtraient pas encore très bien : A ton arrivée en France, tu arrivais de Mexico après être né au Texas puis avoir vécu à New York.
Lorsque tu t’es installé dans ce coin très rural de France, cela du être un choc je suppose ?

Neal Black : Oui c’était vraiment très différent, mais j’ai vraiment adoré cette époque. Il y a eu tellement de gens extrêmement bienveillants avec moi quand je suis arrivé en France et que j’ai décidé d’y vivre.
Toi et mon très bon ami Hugues « Randy » Catalan, vous avez été parmi les premiers à m’aider.
Puis il y a eu Fred CHAPELIER qui s’est rapproché de moi et m’a également beaucoup aidé. J’ai bénéficié de pas mal de soutien à mon arrivée, je garde ces moments comme un très beau cadeau.

Dixie Frog, le label français de Blues… qui aide les Américains!

Pourquoi justement avoir choisi la France ?
Est-ce parce que tu avais déjà publié un disque avec le label DIXIE FROG dans les années 90 ?

Neal Black : En réalité, j’ai commencé avec Dixie Frog en 1993 avec la sortie de mon premier album (image ci-dessous). Cela fait bientôt 30 ans que je travaille avec eux. Ensuite, j’ai sorti un 3ème album avec Dixie Frog en 2000.
Par ailleurs, le business aux États-Unis autour de cette musique n’était plus vraiment populaire et offrait moins de travail pour les artistes comme moi.
J’ai pu échanger avec des amis musiciens et avec le label Dixie Frog pour une possibilité de m’installer ici en France, c’était l’étape suivante la plus naturelle pour moi, parce que ma relation avec ma maison de disques, avec les éditeurs français et les entreprises spécialisées avec lesquelles je travaillais, ainsi que mon tourneur pour les concerts, tout cela était déjà établi (concrets) pour moi.

Extrait d’Interview Neal Black – Juke Box du Delta Man –
Merci Neal Black pour ce bout d’interview en Français !

New York City Blues!

« La scène Blues sur New York était vraiment riche »

Avant de t’installer en France, tu vivais à New York où il y avait une énorme scène blues, Popa Chubby, Mason Casey, Big Ed Sullivan, Arthur Neilson et tant d’autres que j’oublie certainement…
Une grande majorité de ces artistes labellisés « New York Blues » avait également enregistré pour Dixie Frog

Neal Black : C’est vrai, la scène Blues sur New York était vraiment riche à cette époque. J’y vivais et j’avais des engagements concerts toute l’année de 2000 à 2003. Puis tout cela a changé subitement. Beaucoup de clubs ont été fermés, et il devenait difficile pour les musiciens de travailler à plein temps. C’est la raison principale pour laquelle j’ai quitté New York City.
Je suis donc reparti passer un peu de temps au Texas avant de descendre au Mexique, tout cela parce qu’il n’était plus possible de vivre pleinement de son art en Amérique… pour ce genre de musique!

Team America!

« Personne n’a envie de retourner vivre là-bas… »

De nombreux musiciens anglo-saxons se sont installés en France, je pense à Elliot Murphy ou au regretté Calvin Russell .
Lui aussi était Texan, vous êtes vous côtoyé de son vivant ?

Neal Black : C’est très étrange en effet car nous ne nous sommes jamais croisé avec Calvin RUSSELL, pourtant, nous jouions le même style de musique, nous avons produit nos disques parfois sur le même label (Dixie Frog), mais non, je n’ai jamais eu l’occasion de le rencontrer.
(NDLR : Calvin Russell est décédé en avril 2011)
J’ai rencontré Elliott MURPHY, un mec vraiment génial. Il vit ici depuis longtemps je crois.
Dans mon groupe, il y a aussi Mike LATTRELL qui vient également de New York et qui vit en France depuis une vingtaine d’années. Il fut le pianiste de Popa CHUBBY pendant une dizaine d’années, tout comme Larry CROCKETT, son ancien batteur qui vit lui aussi en France depuis une vingtaine d’années, si ce n’est pas plus.

Exact, je me souviens de Larry CROCKETT qui t’avait accompagné sur pas mal de concerts…

Neal Black : Oui, tu as raison, nous avons fait quelques concerts ensemble, c’est un excellent batteur et un de mes très bons amis.
C’est cool d’avoir rencontré ces musiciens américains qui vivent ici en France, nous pouvons comparer nos vies, et le décalage qui existe entre la France et les États-Unis, et tu vois, aucun d’entre nous n’a envie de retourner vivre là-bas, c’est un réel plaisir de vivre et de bosser en France.

La Communauté du Blues à la Française

Avec tes amis musiciens Français, Fred CHAPELIER, Manu LANVIN, Flo BAUER, Nico Wayne TOUSSAINT, Leadfoot RIVET, vous avez la particularité d’avoir chacun d’entre vous participé à un ou plusieurs albums de l’autre.

Neal Black : Oui en effet, car l’autre chose que nous avons en commun, c’est que nous avons tous travaillé plus ou moins avec les mêmes musiciens qui composent un groupe, et que nous étions tous engagés avec le même label Dixie Frog.
C’est comme une « Blues Community » qui s’est formée et qui permet de garder ce Blues vivant.
Mais il ne faut pas oublier que cette communauté Blues continue à vivre aussi grâce au Collectif des Radios Blues que tu connais bien je crois (NDLR : votre Delta Man en fut l’un des membres fondateurs en 2003), et qui constitue un véritable support pour les artistes de Blues internationaux.
C’est une autre bonne raison de garder cette communauté du Blues active.

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Flo BAUER – FLO BAUER BLUES PROJECT / CIRCLE OF MUD

Flo BAUER* est le « Rookie » de ces musiciens français !
(NDLR : Flo Bauer a été une des révélations de l’émission The Voice – 2014)

Neal Black : Oui, et tu sais, je crois fortement que Flo BAUER est un des musiciens les plus importants de cette nouvelle scène européenne du Blues. C’est un très bon chanteur, un très bon guitariste et un très bon compositeur, et de plus, il a une forte présence sur scène.
Quand tu rassembles toutes ces qualités, ton futur, non seulement en tant qu’artiste mais également pour le groupe qui t’accompagne est assuré.
Et pour le public, avoir un artiste comme lui à sa disposition est très important, parce que les autres artistes vieillissent et c’est une chance d’avoir de jeunes musiciens talentueux comme Flo BAUER ou Jesse LEE and The Achemists.
Ils font vraiment partie de mes artistes préférés de cette jeune génération: de bons jeux de guitare, des chants parfaits et de belles présences scènique, tout est là pour ces artistes pour lesquels j’ai une énorme admiration…

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Jessie Lee & The Alchemists

Ton groupe THE HEALERS a subi différents line-up depuis sa création mais il s’appelle toujours THE HEALERS, composé aujourd’hui de Mike Latrell (piano), Abder Benachour (basse) et Denis Pallatin (batterie)...

Neal Black : Oui, Mike joue avec moi depuis une quinzaine d’années, Denis depuis 4 ou 5 ans, il a été longtemps le batteur d’Ana Popovic à ses débuts chez Ruf Records, et c’est lui qui accompagnait les tournées de la Blues Caravan de Ruf Records. Mais il y a également d’autres batteurs qui rejoignent le groupe, Guillaume DESTARAC par exemple, qui joue avec Fred Chapelier et avec bien d’autres artistes.
C’est cool d’avoir cette team parce que d’abord, on s’éclate avec la musique qu’on joue, et puis c’est vraiment important de se sentir bien entre nous, parce qu’on passe pas mal de temps ensemble sur la route.
On est comme des amis proches, et on aime passer ce temps ensemble.

Number Three Monkey

Au mois de mars 2026 est sorti NUMBER THREE MONKEY, ton quinzième album, plutôt bien accueilli par les critiques et les radios.
Il est vrai que c’est un excellent album…
J’ai pu découvrir qu’il avait été enregistré pour une première partie en 2023, une seconde en 2024 et une troisième partie en 2025.
Des sessions ont été enregistrées en Allemagne, d’autres en Belgique, et encore d’autres à Pau dans notre Sud-Ouest chez notre ami commun Nico Wayne Toussaint.
Tout ça pour une publication du disque en 2026 : Quelle aventure pour arriver à la publication de cet album! 🙂


Neal Black : Tu sais, on a commencé ce disque en 2023, on était après COVID, et tout avait tellement changé, les plannings de tournées, les prévisions d’enregistrements, tout était devenu différent.
On a donc profité de nos journées OFF sur les tournées pour trouver des studios d’enregistrements en Belgique, en Allemagne et en France et aller y enregistrer des titres plutôt que de rester à l’hôtel.
Et il se trouve que quand l’album était prêt, cela coïncidait avec la prévision de sortie de Wherever The Road Takes Me, ma première compilation, planifiée avec Dixie Frog.
Nous avons donc décidé de repousser la sortie de ce nouvel album à plus tard.
Mais, c’est clair que le COVID a bouleversé tellement de choses…
Tout a changé, les salles de concerts, les clubs, mais également les engagements pour les musiciens, et pour le « music-business«  en général, tout a changé, mais malheureusement pas dans une version positive…

Neal Black – Wherever The Road Takes Me

Comment ressens-tu ce nouvel album NUMBER THREE MONKEY à titre personnel ?
Je le trouve pour ma part plus empreint d’Americana que de pur Blues…

Neal Black : Tu sais, ce disque s’est fait un peu en fonction de nos feelings en studio. Comme on vient de le voir, cela s’est fait en différentes périodes et différents endroits, et on ne voulait pas faire trop de Blues, trop de Rock ou trop de Folk ou d’Americana.
Le choix final est une sélection de chansons basée sur la qualité des textes, de la façon dont c’est chanté et de la musique qui les entoure.
Nous avons enregistré beaucoup de titres comme tu peux l’imaginer sur une période de 3 ans.
Nous avons donc gardé une autre sélection de titres pour un prochain album qui sera bien plus Blues.

Ho! Merci pour le scoop 🙂 Tu as une petite idée de la date de publication de ce prochain « disque de Blues » ?


Neal Black : Non, pas vraiment, mais il sortira probablement fin 2028, peut-être début 2029. J’aime prendre le temps, ce que je veux dire, c’est que deux ans entre chaque sortie d’album, ce n’est pas beaucoup, parce que tu sais les difficultés pour un artiste aujourd’hui de vendre ses disques, alors, on ne peut pas sortir les albums trop rapidement.

JANET MARTIN en GUEST!

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Janet Martin – Slide Guitar & Singer Songwriter

Une de nos amies communes, Janet MARTIN joue sur ton disque sur 2 morceaux dont le très beau Devil Got My Woman de Skip James.
Comment avez-vous travaillé pour ces titres ?
A distance ou lors de ses récents séjours en France ?


Neal Black : Elle a enregistré les parties de guitare à distance, puis quand elle venu en France pour 2 à 3 semaines à l’occasion de la tournée qu’on avait mis sur pied, elle voulait s’installer quelque temps en France avec son nouveau mari parce qu’ils avaient un Visa d’un an, mais finalement, elle est repartie chez elle en Virginie.
C’est une excellente chanteuse et une excellente guitariste, et c’est assez incompréhensible de voir qu’elle n’a pas eu le succès qu’elle méritait.
Je sais que tu es à l’origine de sa venue en France en 2003, je l’ai rencontré grâce à toi, et c’est vrai que c’est une musicienne extrêmement talentueuse doublée d’une très belle personnalité, et je pense qu’elle aurait mérité plus de reconnaissance.

Neal Black Featuring Janet Martin – Devil Got My Woman

« Prendre l’influence du Blues pour en créer une nouvelle « Ambiance », une nouvelle couleur de bleu« 

On retrouve Janet MARTIN (guitare slide et backing vocals) sur une autre reprise, No Way To Get Along, un vieux Country Blues qui date des années 1920 et chanté à l’origine par le Reverend Robert Wilkins.
J’aimerais bien que tu me dises pourquoi tu as choisi ce titre spécifique ?

Neal Black : Parce que j’adore cette chanson!
Tu vois, c’est du Blues, mais qui n’en est pas vraiment, si tu vois ce que je veux dire ?
C’est un Blues qui a eu beaucoup d’influence, ce n’est pas un blues typique. Et tu sais, l’autre élément qui fait que j’aime ce titre, c’est que les Rolling Stones en ont fait une version qu’ils ont rebaptisé « Prodigal Son » (paru sur l’album Beggar’s Banquet).
Et si tu réécoutes leur version, tu verra que c’est exactement la même chanson, sauf qu’il en ont changé les paroles, ils ont totalement changé l’histoire racontée par Wilkins.
Quand j’écoute la version des Rolling Stones, je reviens à l’histoire originale de cette chanson par Robert Wilkins.
Pour moi, une des choses les plus importantes que nous faisons au sein de NEAL BLACK & THE HEALERS, c’est de prendre l’influence du Blues pour en créer une nouvelle « Ambiance », une nouvelle couleur de bleu, comme pour te faire sentir toujours dans le Blues, mais avec une autre sensibilité de Blues

Bad Luck Reference…

La chanson titre de l’album « NUMBER THREE MONKEY » fait référence aux couples d’animaux sélectionnés pour monter dans l’Arche de Noë.
Est-ce une référence biblique ou plutôt une évocation de la malchance de se retrouver à la mauvaise place de la sélection ?


Neal Black :
Oui, c’est exactement cette référence à la malchance, ce n’est absolument pas une référence biblique.
Tu sais, dans de nombreuses compositions de Blues, on peut trouver des références à la Bible, si tu écoutes les chansons de Robert JOHNSON par exemple, il y fait de nombreuses allusions.
C’est pareil pour ces 3 singes, le premier et le second ont la chance de monter à bord de l’Arche de Noë et de sauver leurs vies, par contre, pour le 3ème, la vie allait devenir bien plus dure, simplement parce que Dieu avait décidé de ne prendre que deux exemplaires de chaque espèce…

Sa Dernière Chanson…

« où serais-je quand sonnera l’heure de ma dernière chanson ? »

Avec ce temps qui avance, tu semble orienter tes compositions vers des sujets plus personnels. C’est l’impression que l’on peut ressentir en écoutant certains titres tels que Chose Your Poison, Dead By Now, Say Goodbye ou His Last Song
Est-ce qu’avec ces chansons, tu ne mettrais pas certaines séquences de ta propre vie en scène ?


Neal Black : Tu as en partie raison, il y a une part biographique je suppose. Je n’essaye pas d’écrire avec des mots tels que je, ils ou eux, parce que je préfère écrire à la seconde ou à la troisième personne.
Ça permet d’avoir moins peur d’écrire sur des détails plus intimes, parce que ce n’est pas comme si tu chantais pour le public, mais pour toi.
Tu vois, j’aurais pu écrire My Last Song, au lieu de His Last Song, mais je ne l’ai pas fait, je voulais rester éloigné de certaines choses trop personnelles, tout en étant capable de parler de ce que peuvent ressentir les musiciens qui ne connaissent pas vraiment ce que leur réserve leur propre avenir…

Cette chanson His Last Song est vraiment impressionnante.
Elle me fait énormément penser à Hank Williams, avec l’allégorie de ce dernier voyage, ce dernier concert, cette dernière nuit et cette dernière bouteille de Whisky…


Neal Black : Dans la même veine, tu peux aussi rajouter Johnny Winter qui décéda après un concert dans une chambre d’hôtel en Suisse, Hank Williams comme tu l’as dit, ou Stevie Ray Vaughan, et tant d’autres musiciens qui sont morts « sur la route » après avoir chanté leurs chansons, vivant leur vie de musicien.
Parfois, tu penses « où serais-je quand sonnera l’heure de ma dernière chanson ? » Est-ce que ça se passera dans un petit bar, dans un grand festival, ou peut-être simplement dans la rue à jouer de la guitare…

Retour aux sources du Tarn…

Tu es actuellement au cœur d’une grosse tournée européenne.
A cette occasion, tu vas te produire le 8 octobre prochain dans une petite ville du Tarn, à Mazamet que l’on a été évoqué au début de l’interview et cela va te changer des gros festivals et des grandes salles.
Pourquoi Mazamet ? Est-ce parce que c’est là où tout a démarré pour ta « carrière Française » ?


Neal Black : Ce concert qui aura lieu à l’Espace Appolo de Mazamet le 8 octobre sera surtout l’occasion de célébrer mes 20 ans d’amitié avec Hugues « Randy » Catalan. Il assurera la première partie avec son groupe.
Randy, c’est le mec qui m’a fortement aidé à m’installer ici, il m’a également accompagné à la guitare pendant un bon moment, on a joué de nombreux concerts ensemble.
Dès notre première rencontre pour ma première tournée en 2003 nous avons été amis. Quand je lui ai dit que j’aimerais m’installer en France, il m’a répondu, « Beaucoup le disent mais peu le font réellement« .
Je lui ai dit que je le ferais, et que quand le moment serait venu, il lui faudrait être prêt pour moi le jour où je lui dirais que j’arrive.
En rentrant chez moi au Texas, j’ai acheté un ticket d’avion « aller simple » pour la France. Je l’ai prévenu que je revenais en Janvier 2004.
A mon arrivée, il m’a aidé à trouver une maison et une voiture, puis nous avons bossé ensemble sur de nombreux projets musicaux, nous avons joué probablement une centaine de concerts ensemble, nous sommes devenus de supers amis.
Ce concert de Mazamet le 8 Octobre (2026) sera au final une célébration musicale de notre amitié de 20 ans.
Et encore une fois, je n’oublie pas que tu as fait toi aussi partie des premières personnes que j’ai rencontré et qui m’ont aidé à mon arrivée en France, et ce sera bon de te revoir aussi ce soir-là!

Le plaisir sera partagé en effet 🙂

Neal Black Concert Appolo Mazamet Octobre 2026
Neal Black en Concert à l’Appolo de Mazamet le Octobre 2026

The American Sound en deuil…

J’aimerais avoir ton avis sur quelques légendes qui nous ont quitté ces derniers temps. John Hammond, légende du Blues, Sonny Rollins, Légende du Jazz, Franck Beard, batteur de ZZ TOP, Bonnie Tyler, Légende de la Pop, et récemment la regrettée Dolly Parton, Légende de la Country.
Qu’est ce que cela évoque pour toi la disparition de ces légendes et icônes qui ont façonné d’une certaine manière le « son américain » ?


Neal Black : C’est triste en effet de se dire qu’ils sont partis, mais d’un autre côté, je me dis qu’ils ont offert un tel bonheur à leur public avec leur musique, et qu’ils ont eu la chance de vivre une vie formidable en tant que musicien.
Alors bien sur que la mort de quelqu’un, quel qu’il soit, c’est triste, mais je suis plus heureux de savoir que ce qu’ils ont créé a produit un tel effet sur la vie de millions de personnes, que c’est à mon avis la chose positive qu’il faut retenir de leur perte.

La politique fait-elle bon ménage avec le songwriting ?

Une question plus personnelle à laquelle tu n’es pas obligé de répondre si le sujet ne te convient pas. En 2027, la France va vivre une élection Présidentielle probablement complexe.
Est-ce que la politique est un sujet qu’un songwriter comme toi pourrait aborder dans ses chansons ?

Neal Black : Si tu reviens sur certains de mes précédents disques, j’ai déjà écrit sur la politique dans certaines de mes chansons, comme Handfull of Rain, Dreams Are For Losers ou Sometimes the Truth.
J’ai décidé depuis quelques albums de laisser de côté l’écriture sur la politique, parce que de mon point de vue, je ne suis pas sur que cela aide à la situation.
Je pense également que depuis mes derniers disques, je donne aux gens un autre échappatoire à cette politique, parce que comme tu le dis, c’est une putain d’horrible période que nous vivons. Ce n’est pas juste une question d’exception, c’est une question de division, c’est ce que cette politique et ces politiciens amènent, la division de la population, faire en sorte que ce soit toi avec moi ou toi contre moi, tu ne peux plus être dans un juste milieu désormais. C’est un phénomène qui grandit dans le Monde entier depuis une dizaine d’années, tu es un extrémiste ou tu n’es rien, tu es un extrême droite ou un extrême gauche, mais on ne te laisse pas te positionner dans une situation ou une position d’équilibre !
J’essaie depuis 4 ou 5 ans, dans mes derniers albums, d’éviter ces sujets politique, d’éloigner mon public de ces sujets, car je pense que tu sera d’accord avec moi, mais il ne se passe pas un seul putain de jour sans que la politique n’envahisse ton quotidien, alors si je peux éviter d’en rajouter avec mes chansons… Les médias en font déjà beaucoup trop avec les politiciens, je pense donc que c’est important pour un musicien de continuer à commenter, mais qu’il puisse également laisser l’option à son public d’oublier tout ça.
Peut-être, « demain », je reviendrais sur ces sujets qui me mettent en colère, mais pour le moment, j’ai décidé de m’en éloigner, d’essayer de rendre les gens heureux avec mes concerts et faire de bons disques.

Penses tu rentrer aux États-Unis un jour ou préfères-tu rester vivre en France ?

Neal Black : Non définitivement, je n’ai aucune envie de revenir aux États-Unis. Le système mis en place pour les artistes en France est un truc vraiment incroyable. En France et plus généralement en Europe, le public aime la culture, et c’est quelque chose de vraiment très dur à trouver aux États-Unis. En tant qu’artiste, nous sommes gâtés de pouvoir vivre de notre art en France ou en Europe grâce à ce public qui apprécie le Jazz, le Blues, la Country et le Rock n Roll, mais aussi le Théatre, le Cinéma, c’est une partie intégrante de la vie des Français et des Européens.
Pour ce style de musique en Amérique depuis un peu plus de dix ans, tu peux te trouver face à des artistes majeurs qui jouent dans des petits clubs ou des salles de petites villes, parce que cela devient dur aussi pour eux. Alors quand ils arrivent en Europe, ils sont heureux de voir à quel point ils sont respectés et bien traités, de se trouver face à un public agréable, et c’est très dur de s’imaginer retrouver autre chose après ça.
Honnêtement, à part pour aller visiter certains endroits des États-Unis, je ne me vois pas y retourner y vivre.

Merci Neal Black pour cette interview et pour le temps que tu m’as accordé. Toutes les infos sur ta gigantesque tournée sur ton Site Web!

Neal Black : Merci à toi et J’espère te voir à Mazamet le 8 octobre, toi et Hugues et parler du bon vieux temps ensemble !

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Interview Neal Black

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